Il est fascinant de constater à quel point la tendance générale croit fermement
que la raison principale pour aimer une autre personne se mesure en fonction
du bonheur que celle-ci lui apporte.

Or, le fait d’aimer une personne ne devrait-il pas, en principe, nous inciter à
souhaiter SON bonheur, puisqu’on l’aime ? Le fait d’attendre de l’autre qu’il
(ou elle) nous rende heureux (ses) ne découle-t-il pas davantage de la
dépendance affective ou pire, de l’égoïsme ?

Je ne prétends pas que le bonheur individuel n’est pas important, certes,
mais s’il est la principale motivation pour aimer, doit-on considérer cet
échange d’amour au même titre que l’individualisme qui gère de plus en
plus nos vies ? Autrement dit, en nous permettant d’utiliser l’autre comme
un outil nécessaire pour atteindre nos objectifs personnels de vie ?

En somme, les relations ne nous amènent plus au don de soi-même, au
partage des richesses intérieures et à l’ouverture à l’autre, mais plutôt,
à la capacité de trouver la personne idéale pour réussir sa propre vie,
correspondre au statut social véhiculé et se valoriser soi-même :
« Je m’aime grâce à toi, alors aimes-toi grâce à moi » ? 

 

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Hatsma3  

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